Les Bateaux

AC 45 Séries

Un catamaran à foils de 45 pieds monotype muni d’une aile pour le circuit préliminaire à la Coupe de l’America.

Eloi Stichelbaut/GroupamaTeamFrance

Il mesure 45 pieds, soit 13,45 mètres, et possède une aile rigide de 21,50 mètres de hauteur, plus trois focs (1,2,3) au près et un gennaker (code 0) au portant. Ce monotype construit en carbone au chantier Core Builders Composite (Nouvelle-Zélande), est si léger qu’on le sort du hangar sur des chariots à roulettes, tout comme son aile qui ressemble à celle d’un avion de ligne. Il est mené par cinq équipiers dont le poids total d’équipage ne peut excéder 437,5 kilos, soit 87,5 kilos par personne. L’une des caractéristiques principales de l’AC 45, outre sa nervosité et sa puissance, est la présence de foils (appendices mobiles en forme de L). Dès 10 nœuds de vent (18,5 kilomètres/heure), le catamaran décolle et n’est en contact avec l’eau uniquement par l’extrémité de son foil (sous le vent) et de ses deux safrans. Ses accélérations sont fulgurantes, d’autant plus que l’AC 45 crée son propre vent. Dès 15 nœuds de vent, l’engin possède des performances semblables à un semi-rigide équipé de deux moteurs de 150 chevaux, atteint quasiment deux fois la vitesse du vent, et peut chavirer à tout moment. Enfin, l’équipage qui porte des protections et est obligatoirement casqué, se compose d’un barreur-skipper, d’un régleur d’aile, d’un tacticien, d’un régleur de voiles d’avant, et d’un équipier d’avant.

Un circuit avec les six prétendants pour les Bermudes

Les Louis Vuitton America’s Cup World Series disputées sur les monotypes AC 45 sont le véritable circuit préliminaire pour les six prétendants à la 35ème Coupe de l’America. Les régates ont lieu sur trois jours, avec des manches d’entraînement obligatoires le vendredi, puis jusqu’à trois courses par jour le samedi et le dimanche. A l’issue des deux années de World Series (2015 et 2016), un classement global est établi par cumul des points obtenus, créant un bonus marginal pour la phase suivante de la compétition, soit les éliminatoires des Challengers en 2017.

Un format unique et novateur

Chacune des six manches dure entre 17 et 22 minutes, et se dispute le plus souvent sur un plan d’eau fermé à proximité de la côte, voire dans un port, au plus près du public. C’est un véritable stade nautique. Le parcours annoncé juste avant le départ, est volontairement très court, avec de brefs bords, des portes à respecter, ainsi qu’une zone de course à ne pas dépasser, et qui est immédiatement visible à bord par un feu lumineux clignotant. Cela n’a plus rien à voir avec une régate dite « classique » et un départ face au vent, puisque les bateaux partent au reaching (vent de travers). Les Louis Vuitton America’s Cup World Series ont pour objectif d’être très spectaculaires et donc télégéniques (elles sont retransmises en direct sur Canal + Sport en France + dailymotion ). La limite basse de vent pour lancer une course est fixée à 6 nœuds à 5,5 mètres durant une minute, et la limite haute à 25 nœuds à 5,5 mètres durant une minute.

Groupama Team France - 35th America's Cup

Groupama Team France - 35th America's Cup

Six épreuves en 2016 dont une en France, à Toulon les 10 et 11 septembre 

A quinze mois de la 35ème Coupe de l’America, les Louis Vuitton America’s Cup World Series passent de trois épreuves en 2015 : Portsmouth (Royaume Uni), Göteborg (Suède) Hamilton (Bermudes) à six en 2016 : Muscat (Oman), New York (Etats-Unis), Chicago (États-Unis), Portsmouth (Royaume Uni), Toulon (France), plus une épreuve en Asie à confirmer. Les 10 et 11 septembre 2016, la ville de Toulon et l’agglomération TPM vont accueillir la seule épreuve du calendrier disputée en France. Ce sera l’un des temps forts de la saison pour Groupama Team France qui régatera dans les eaux abritées de la rade et du port, et permettra au public français de découvrir ces incroyables catamarans et l’équipe de France.

Les plans d’eau vus par Bertrand Pacé, coach sportif de Groupama Team France

Seul champion du monde français de match racing (1994) il a disputé cinq Coupe de l’America, et est désormais le coach de Groupama Team France. Il a régaté sur la majorité des plans d’eau des LVACWS. Décryptage.

Oman : « C’est un plan d’eau ouvert. Fin février, c’est généralement de la brise thermique entre 8 et 12 nœuds qui vient du large. Il peut donc y avoir un peu de houle et du clapot. »

New York : « En mai, il peut y avoir un peu de vent thermique, mais surtout beaucoup de courant au pied de la statue de la liberté. Il y a l’East River et l’Hudson River qui convergent et on peut donc avoir jusqu’à 3 nœuds de courant. »

Chicago : « C’est le seul plan d’eau que je ne connais pas. C’est généralement venté car il y a de gros échanges de température en juin entre les lacs et la terre. Il peut donc y avoir de la brise thermique soutenue. »

Portsmouth : « On peut comme en 2015 être sous l’influence d’une dépression avec un vent maniable entre 20 et 25 nœuds, mais avec beaucoup de mer. Le plan d’eau n’est pas très abrité du sud à l’est. »

Toulon : « En septembre on peut avoir un peu de tout, du vent thermique relativement faible comme du mistral. C’est en revanche un peu tôt pour avoir de l’est fort. C’est un plan d’eau très tactique mais très sympa. »

Groupama Team France navigue désormais en BLEU-BLANC-ROUGE